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  • : Dominique de Villepin possède des qualités de coeur qui pourrait faire de lui le principal rival de Sarkozy mais aussi un président hors pair. Balayons les clivages droite-gauche et intéressons nous au personnage. La France mérite un homme à sa mesure. Do
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Unissons nous

Nous, les "déçus de la gauche" avons décidé de nous rassembler... nous, de plus en plus nombreux à être exaspérés par les calculs électoraux, par les discours creux et les promesses vaines... nous, d'une tendance nouvelle pour "Mieux Vivre tous Ensemble"... et nous pensons qu'un seul homme peut tenir ce pari : DOMINIQUE DE VILLEPIN

Réfléchissons deux secondes... la gauche désunie ne passera pas, nous en sommes certains. Cela laisse la voie ouverte à Nicolas Sarkozy avec sa politique répressive qui stigmatise les plus vulnérables. Qui de gauche peut le contrer ? Personne. Voilà le triste constat. Un seul homme est capable de faire la différence. Les dernières mesures de Dominique de Villepin, prises pour les français en mauvaise posture, prouvent bien qu'il se situe à l'opposé du ministre de l'Intérieur. Laissons tomber les étiquettes et les clivages gauche-droite... regardons la réalité en face. Si Nicolas Sarkozy devenait président, ce serait une catastrophe pour la démocratie française et pour nos acquis. Il veut dépoussiérer la Loi 1905... pour quelle raison ?

Il nettoie la France au karcher, fait vider les squats manu-militari à l'approche de l'hiver... veut éradiquer le chômage en liquidant les chômeurs et pose l'anathème sur les minima sociaux... parle-t-il des délocalisations et des licenciements qui se comptent par milliers ? Les licenciés ne vont-ils pas rallonger la longue file des sans-emplois ? Que peut-il faire de plus ? Rien.

Il nous faut donc nous unir pour faire barrage à Sarkozy. Et un seul homme peut faire le poids. Depuis qu'il est premier ministre, il a montré ses capacités à comprendre les besoins du Peuple Français. Il peut nous représenter partout sans médire sur le président et sans renier les fondements même de notre pays. Il ne remettrait pas, lui, en question notre histoire, notre héritage et nos valeurs. Faisons lui confiance et battons-nous pour que Sarkozy ne soit pas Président... ce serait une catastrophe sans précédent pour notre pays.

Notre autre site : Dominique de Villepin, ministre, aristocrate et poète

 

Pour écouter l'intervention de Dominique de Villepin en direct avec les Français, cliquez sur la bannière... l'enregistrement est toujours présent sur RMC...

Comme nous l'avons signalé sur notre autre blog, nous sommes de gauche. Mais devant l'insipidité, le grotesque ou le grandguignolesque du paysage politique socialiste, nous avons décidé de soutenir Dominique de Villepin dans l'espoir qu'il pose sa candidature à la Présidentielle. Car qui mieux que lui, dans l'immédiat, pourrait représenter la France face à Sarkozy, nous endendons ? Dominique de Villepin a son propre chemin à suivre, sa voie personnelle à ouvrir. Il possède de nombreuses qualités qui feraient de lui un grand chef d'Etat même si l'expérience lui manque un peu sur le terrain. Les vingt prochains mois seront son épreuve du Feu. A lui d'y imposer sa marque... puisqu'il aime notre pays, la France... il ne tient qu'à lui de se faire aussi aimer de son Peuple. Nous pensons qu'il y parviendra car c'est un homme de coeur fidèle à ses amitiés qui allie noblesse et panache à une grande culture. Il ne lui reste donc plus qu'à faire ses preuves sans se laisser dicter sa conduite par d'autres.

Deux excellents sites pour suivre les actualités sur Dominique de Villepin et lire de nombreux articles :

www.villepin2007.org


www.libanvision.com/villepin2.htm

 

Jeudi 8 septembre 2005

La petite phrase qui nous a marqué sur l'article ci-dessous c'est que Sarkozy compulsait ses dossiers pendant que Mister de Villepin parlait. Pour sûr qu'il doit l'avoir amère Nikita. Il doit renacler sec en don for intérieur... c'est que le beau Dominique lui vole la vedette. Sarkozy doit sentir le vent venir. Car Dominique de Villepin sera bien obligé de se présenter comme candidat puisque c'est le Peuple qui va lui demander. Une partie du moins. 

Ambiance des grands jours à Matignon: le Conseil des ministres présidé par Villepin


En l'absence de Jacques Chirac, hospitalisé, Dominique de Villepin a présidé mercredi le Conseil des ministres face à son rival Nicolas Sarkozy, un symbole fort pour le Premier ministre à la veille de ses 100 jours à Matignon.

L'Elysée et Matignon ont certes tout fait pour banaliser l'événement et montrer que le président de la République gardait la main, depuis sa chambre d'hôpital, où Premier ministre et collaborateurs se sont ostensiblement rendus pour préparer le Conseil.

Mercredi matin, Jacques Chirac s'est entretenu, comme chaque semaine avant le Conseil, avec le chef du gouvernement.

Ce Conseil n'en était pas moins exceptionnel. Pendant une heure, le Premier ministre, désormais entré dans le cercle des présidentiables de la droite pour 2007, a suppléé le chef de l'Etat.

Conformément à l'ordre protocolaire, le ministre de l'Intérieur, numéro deux du gouvernement, était assis face à lui, dans la "Salle du Conseil" sise au rez-de-chaussée de l'Hôtel Matignon où se tenait le Conseil - qui a lieu d'ordinaire à l'Elysée.

L'exercice a duré une heure à peine, l'ordre du jour n'étant guère chargé. Il n'en a pas moins donné lieu à un échange entre MM. de Villepin et Sarkozy qui a aussitôt fait le bonheur des commentateurs, à l'affût de la moindre passe d'armes entre les deux hommes forts du gouvernement.

Selon le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé, M. Sarkozy a "évoqué la question de la Turquie" à l'issue de la traditionnelle communication sur la situation internationale, un sujet sur lequel il est en désaccord frontal avec Jacques Chirac.

De fait, l'ombre du président semble avoir plané de bout en bout sur ce Conseil. "Le Premier ministre a rappelé la position de la France telle qu'exprimée par le président", a détaillé M. Copé.

Selon un participant, cet échange s'est inscrit toutefois dans le cours "normal" d'un Conseil et n'avait rien "d'exceptionnel". Plus généralement, ce Conseil a été "très soft" même s'il n'avait "rien à voir" avec une réunion de ministres à Matignon, a raconté ce ministre.

"Dominique de Villepin était complètement à l'aise. Il est resté dans son rôle, a parlé sans emphase. Au début, il a expliqué sur un ton très formel qu'il était là en vertu de l'article 21. Il a dit que le président allait bien. Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy lisait ses dossiers", a-t-on relaté de même source.

A la sortie du Conseil, les ministres se sont gardés de tout commentaire. "Cela s'est très bien passé", a tout au plus lâché l'un ou l'autre devant les journalistes qui se pressaient dans la cour de Matignon.

Selon M. Copé, "l'ambiance, comme à l'habitude, était très studieuse et concentrée sur les sujets à l'ordre du jour".

Pour Dominique de Villepin, le cap des 100 jours s'annonce en tout cas plus serein. La semaine dernière encore, il paraissait pris au piège d'un pari, "rendre la confiance" aux Français au terme de cette période. Il avait alors préféré mettre l'accent sur une "nouvelle étape" de son action, en déroulant un plan en faveur de la "croissance sociale".

Depuis, il a en partie volé la vedette à Nicolas Sarkozy devant les jeunes de l'UMP à La Baule. Et les sondages recommencent à lui sourire. Son bilan, après 100 jours, est jugé positif par 56% des Français, selon un sondage Ifop à paraître jeudi dans Paris Match.

Le président de l'UMP, qui entend bien marcher "devant" et non "derrière" le gouvernement, n'a pas pour autant l'intention de ralentir la cadence. Mercredi après-midi, il présentait les grandes lignes de son programme économique pour 2007.

Sources : LE FIGARO

Posté par Adriana Evangelizt

 
par Adriana EVANGELIZT publié dans : VILLEPIN ET LA POLITIQUE
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Jeudi 8 septembre 2005

LE POETE A MATIGNON

La «nouvelle impulsion» promise par le président Jacques Chirac au soir du référendum sur la Constitution européenne a un visage: Dominique de Villepin. C'est à cet homme réputé flamboyant que Chirac a remis les clés du gouvernement tout en réintroduisant au sein de celui-ci le très ambitieux Nicolas Sarkozy.

Jean-Pierre Raffarin a écopé. Après avoir mené une campagne jugée désastreuse, il a été «démissionné» par le chef de l'État, qui vient d'offrir la porte de Matignon à un de ses deux «fils préférés», l'autre étant Alain Juppé. Des portraits que tracent les principaux quotidiens de la capitale, on retient que le trait politique dominant de sa personnalité tient en deux mots : gaulliste classique.

À l'instar du fondateur de la Ve République, Villepin éprouve du dédain pour la chose économique. Il va pourtant devoir s'y frotter dès la formation de son cabinet. En effet, les nouvelles qui émanent de ce front sont plus mauvaises que celles attendues ou souhaités. On résumera le tout ainsi : les caisses de l'État sont vides. C'est un peu gros, mais bon... Selon les calculs de l'OCDE, la croissance du PIB de la France devrait se fixer aux environs de 1,5 % cette année. C'est maigre, très maigre, pour remonter le moral d'un pays à la santé économique si chancelante que cela a justement convaincu une majorité de ses citoyens de rejeter le traité.

Il n'a pas la fibre économique et n'a guère celle du parlementarisme. C'est en effet un secret de Polichinelle que Villepin ne cache guère son mépris pour les députés. Ceux-ci le lui rendent bien, notamment le patron des élus UMP, soit... Nicolas Sarkozy, qui raille fréquemment ce trait de Villepin ou, plus exactement, le fait que celui-ci n'a jamais tenté de se faire élire au suffrage universel à un quelconque poste.

C'est d'ailleurs pour combler en partie ce handicap que Chirac avait décidé d'envoyer Villepin au ministère de l'Intérieur afin qu'il prenne le pouls de la France profonde après avoir fréquenté les salons feutrés et aristocratiques du ministère des Affaires étrangères. C'est là, on s'en souvient, que le lyrique Villepin a séduit une frange importante de l'électorat français à la faveur de sa prestation à l'ONU. Mais c'est également là qu'il s'est fait certains ennemis avec lesquels il va maintenant devoir composer. On pense à ces chefs de gouvernement européens échaudés justement par cette prestation, notamment le britannique.

Chef de l'UMP, Nicolas Sarkozy est parvenu à imposer sa présence au poste de numéro deux du gouvernement. Il aura le titre de ministre d'État et devrait probablement hériter du portefeuille de l'Intérieur. Lorsqu'on songe à l'interdit décrété par Chirac selon lequel le patron du parti ne peut pas être ministre, on ne peut que conclure que les relations entre ces deux responsables doivent être exécrables.

Ici et là, on murmure que Chirac espère que le compulsif et impatient Sarkozy se brûle les ailes d'ici le déclenchement de la course à la présidence pour laisser place à son favori. On est en tout cas certain que lorsque le dernier droit avant la campagne se présentera, Sarkozy démissionnera pour partir à l'assaut de l'Élysée. Pour cela, il dispose de deux avantages sur Villepin. En plus de disposer d'un instrument politique, l'UMP, il occupe le ministère incontournable à tous ceux qui aspirent à la plus haute fonction de l'État.

En attendant la suite de ce feuilleton, Villepin devrait se démarquer de Raffarin. Autant le premier entend injecter une bonne dose d'ambition dans tous les ministères, autant le second était terne. Chose certaine, Villepin a désormais toute latitude pour imposer cette culture de l'action, toujours l'action, qu'il affectionne tant.

Sources : LE DEVOIR

Posté par Adriana Evangelizt

 
par Adriana EVANGELIZT publié dans : VILLEPIN POETE
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Jeudi 8 septembre 2005

Là on en apprend déjà un peu plus sur l'ambiance hypocrite qui règne dans le clan Sarko.  C'est incroyable cette jalousie qui règne. Ce qui prouve bien le degré de mentalité de ceux qui se prennent pour les élites. Et le Devedjian y va de ses piques venimeuses telle une vipère acariâtre ou hystérique... c'est selon.

VILLEPIN ET SARKOZY FACE A FACE EN L'ABSENCE DE CHIRAC

Conseil des ministres à l'essai ce matin pour Dominique de Villepin. Le premier ministre «supplée», à titre exceptionnel, Jacques Chirac qui poursuit son séjour à l'hôpital du Val-de-Grâce, où il a été admis vendredi soir après un accident vasculaire cérébral.

Hier, il n'y a pas eu de nouveau communiqué médical, le chef du bureau de la communication et de l'information des services de santé des armées se contentant de renvoyer à celui de la veille qui évoquait une «évolution très favorable». «Tout se passe comme prévu, dans la ligne exacte» de ce communiqué, a dit Anne Robert.


Malgré la maladie du chef de l'État, le rendez-vous hebdomadaire avec le premier ministre qui précède le Conseil n'a pas été annulé. Mais ce tête-à-tête, prévu pour durer «une petite heure», a pour cadre, ce matin, le Val-de-Grâce.

A l'Élysée comme à Matignon, tout est fait pour banaliser l'événement. Au lieu de prendre place autour de la table du salon Murat, au rez-de-chaussée du palais présidentiel, les ministres se retrouvent chez le chef du gouvernement. Pour le reste, promis, juré, l'ordre du jour a été maintenu. Ordonnances de simplification du droit, communication sur la situation internationale et, actualité oblige, communication de Gilles de Robien sur la rentrée scolaire.

Pour bien montrer que Jacques Chirac est toujours aux commandes, depuis sa chambre d'hôpital, l'Élysée a fait savoir qu'il a adressé un message de condoléances au président indonésien après l'accident d'avion dans son pays. Et qu'il a téléphoné, pendant environ quarante-cinq minutes, à Gerhard Schröder, sur la préparation de l'assemblée générale des Nations unies, la semaine prochaine à New York, et les questions européennes. Dans la matinée d'hier, Jacques Chirac a reçu son conseiller diplomatique, Maurice Gourdault-Montagne, et comme tous les jours, son épouse Bernadette.


«Il n'y a pas eu vacance du pouvoir», a affirmé hier sur RTL le très chiraquien Jean-Louis Debré. Le président de l'Assemblée nationale a dénoncé «les Rintintin de la politique» qui multiplient les commentaires sur l'état de santé de Jacques Chirac sans rien savoir. Et il les a appelés «à la décence et à la dignité». Son frère, le Pr Bernard Debré, député de Paris, a dû, parmi d'autres, se sentir visé. Comme Valéry Giscard d'Estaing qui a réclamé plus de «transparence» dans les actes médicaux subis par un chef d'État.


Mais même si les chiraquiens s'emploient à minimiser la portée symbolique de ce Conseil des ministres exceptionnel, il n'en reste pas moins que cela fait grincer des dents dans le camp Sarkozy, où on enrage de voir le rival endosser, ne serait-ce qu'une matinée, les habits de président.


Comme souvent, Patrick Devedjian est monté au créneau pour flinguer l'adversaire. Pour le conseiller politique de Nicolas Sarkozy, le fait que Dominique de Villepin préside ce Conseil à la veille de l'échéance des cent jours «n'est pas une bonne référence». «C'est terrible parce que c'est à l'Élysée que Napoléon a abdiqué.» Élargissant sa critique, il a estimé que la confiance promise par le premier ministre n'est pas au rendez-vous et a critiqué «le concept de croissance sociale», proposé la semaine dernière par Villepin.


Des déclarations qui ont suscité une indifférence méprisante à l'Élysée et à Matignon. «Après les avertissements électoraux, les Français sont lassés par ces petites phrases. Tout ça, c'est de la vieille politique qui n'intéresse plus personne. Le premier ministre regarde devant lui, il ne se laissera pas perturber», assure un proche.


Mais deux jours après l'université d'été de l'UMP à La Baule, Devedjian a développé la stratégie des sarkozystes consistant à parier sur une nouvelle candidature de Jacques Chirac en 2007. Selon le lieutenant de Sarkozy, Villepin «est là pour essayer de remettre sur orbite Chirac après l'échec du référendum». «Tout ça, c'est une tactique pour enfoncer un coin entre Chirac et Villepin et jeter le trouble», réplique un chiraquien.

A La Baule, Sarkozy n'a pas réussi la rentrée politique fracassante qu'il avait programmée. Sur la défensive, obligé de faire contre mauvaise fortune bon coeur, il a donné des signes de nervosité face à une situation qu'il ne maîtrise pas. La dernière livraison du tableau de bord Paris Match-Ifop risque de ne pas calmer le jeu : Villepin y recueille 55% d'opinions favorables, soit une hausse de six points en deux mois.

Ce matin, le premier ministre et son numéro deux se retrouvent donc face à face, sous le regard attentif des ministres. «Le premier ministre va la jouer très soft et refuser d'entrer précipitamment dans la bagarre présidentielle», prédit un membre du gouvernement. Un autre se demande si, pour ce Conseil à Matignon, Sarkozy adoptera la même attitude qu'à l'Élysée où, depuis des mois, il va s'asseoir directement à sa place, sans se mêler à ses collègues au moment du café qui précède l'arrivée du chef de l'État.

Sources : LE FIGARO

Posté par Adriana Evangelizt

 
par Adriana EVANGELIZT publié dans : VILLEPIN SARKOZY
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Jeudi 8 septembre 2005

GRAND MENAGE A MATIGNON

Le référendum français sur le traité constitutionnel européen a déjà fait une victime: le premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Après trois ans d'un parcours chaotique, c'est un homme dont la popularité est au plus bas qui a remis hier les clés de Matignon à son successeur, le flamboyant ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin.

À ceux, nombreux, qui demandaient sa démission après l'échec retentissant du oui au référendum de dimanche, Jacques Chirac a donc répondu en nommant à Matignon son collaborateur le plus proche. Il aura fallu 48 heures de tractations complexes et un défilé de personnalités à l'Élysée pour arrêter ce choix. Plutôt qu'un Nicolas Sarkozy, critique du modèle social français, ou une Michèle Alliot-Marie, sans véritable personnalité politique, Jacques Chirac a choisi son vieux collaborateur, l'ancien secrétaire général de l'Élysée.

Depuis 48 heures, les rumeurs favorisaient pourtant le populaire chef de l'UMP, Nicolas Sarkozy, qui jouit du soutien d'une majorité de députés et de plus de 80 % des électeurs de droite. La force du désaveu enregistré dimanche à l'endroit du gouvernement semblait imposer une rupture radicale avec la politique suivie jusque-là, une sorte d'électrochoc salutaire. Mais la grande marge de manoeuvre réclamée par Nicolas Sarkozy ainsi que l'ampleur des désaccords entre les deux hommes (Irak, laïcité, quotas d'immigration, etc.) a poussé Jacques Chirac, à 22 mois de la présidentielle, à porter son choix sur un proche qui ne l'a jamais trahi.

Dans un geste surprenant, Jacques Chirac annonce pourtant aussi la nomination de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur, qu'il a déjà dirigé pendant deux ans. Il deviendra ainsi le numéro deux du gouvernement tout en gardant la présidence de l'UMP, lui qu'on avait justement forcé à démissionner du ministère de l'Économie il y a un an, lorsqu'il avait été élu président du parti. En faisant entrer son principal rival au gouvernement, Jacques Chirac réunit un premier ministre symbolisant le modèle étatique français et un super-ministre identifié à des politiques plus «libérales».

Les noms des autres ministres devraient être annoncés aujourd'hui ou demain. La priorité du gouvernement est incontournable depuis le vote-sanction de dimanche. Il s'agit évidemment de combattre le chômage endémique (10 %) qui accable la France depuis deux décennies.

Il reviendra au premier ministre, a déclaré Jacques Chirac, de «gagner la bataille de l'emploi» tout en «faisant vivre et progresser le modèle français», que le président distingue résolument de ce qu'il nomme le «modèle anglo-saxon».

Ancien diplomate de carrière, Dominique de Villepin ne s'est pas fait remarquer jusqu'à maintenant par l'originalité de son programme économique. Gaulliste traditionnel, il a toujours été partisan de politiques volontaristes et étatistes. Sa nomination n'est d'ailleurs pas du goût des députés de son propre parti, qui lui reprochent son style hautain et surtout de n'avoir pas subi l'épreuve du suffrage universel. Avec Georges Pompidou et Raymond Barre, Dominique de Villepin est le troisième premier ministre français de la Ve république nommé avant d'avoir été élu.

Grand bourgeois frayant dans la haute noblesse française, Dominique de Villepin est surtout connu pour le discours qu'il a prononcé au Conseil de sécurité de l'ONU annonçant le veto français contre la guerre en Irak. Surnommé Néron par l'épouse du président, il a contribué à sortir Jacques Chirac de ses nombreux démêlés judiciaires dans des affaires de corruption. C'est aussi lui qui a incité le président à provoquer la dissolution ratée de l'Assemblée nationale en 1997, qui avait entraîné l'élection du socialiste Lionel Jospin. Pendant la cohabitation, la gauche l'a accusé de diriger un «cabinet noir» chargé de fomenter des «coups tordus» contre le premier ministre socialiste. Au ministère de l'Intérieur, Villepin s'est surtout fait remarquer par sa lutte contre l'immigration clandestine, contre l'usage de drogues et pour la protection des mineurs. En juillet 2004, il a dénoncé l'agression «ignoble, aggravée de gestes racistes et antisémites», d'une jeune femme dans un train de banlieue. On apprendra plus tard que l'événement avait été inventé de toute pièce.

À deux ans de la présidentielle, il doit donner «une nouvelle impulsion» (selon les mots de Jacques Chirac) à un régime profondément blessé par le vote de dimanche, qui a vu 55 % des électeurs rejeter le traité constitutionnel européen. Selon un sondage Louis Harris, 55 % des Français estiment que Jacques Chirac est «durablement discrédité» par ce vote massif alors que 62 % prédisent «une crise politique majeure».

À peine nommé, Dominique de Villepin a déjà des ennemis. Selon le quotidien Le Monde, l'ancien premier ministre Alain Juppé aurait plaidé contre lui à l'Élysée. «Vous ne pouvez pas le nommer à Matignon, il n'aura jamais le soutien de l'Assemblée. Dans la situation de crise dans laquelle nous sommes, on aura la France dans la rue en quelques mois», aurait déclaré l'ancien premier ministre, condamné pour une affaire d'emplois fictifs et qui doit bientôt se rendre enseigner au Québec.

Le «souverainiste» Philippe de Villiers (droite) parle d'un «bricolage institutionnel sous la forme d'un gouvernement du oui». Sur le même ton, le chef de l'UDF (centre droit) François Bayrou décrit une «ambiance d'opéra bouffe» qui ne résoudra en rien les problèmes révélés par le référendum, dit-il. La porte-parole de l'UMP, Valérie Pécresse, a déclaré que la décision de Nicolas Sarkozy «de s'unir à Dominique de Villepin a été unanimement appréciée par les députés».

Pour le socialiste Arnaud Montebourg, Jacques Chirac «a commis une erreur historique. Les citoyens ont demandé dimanche d'être entendus. La réponse du président de la République est de nommer un homme qui ne sait pas ce que le suffrage universel veut dire et n'a jamais croisé un électeur de sa vie». Le socialiste Jean-Marc Ayrault y voit «l'ultime tentative pour sauver un pouvoir à l'agonie».

Dominique de Villepin est aussi écrivain. Il a écrit plusieurs recueils d'une poésie plutôt baroque. Il est aussi l'auteur d'une biographie de Napoléon qui raconte les 100 derniers jours de l'empereur et sa fuite malheureuse de l'île d'Elbe.

Sources : LE DEVOIR

Posté par Adriana Evangelizt

 
par Adriana EVANGELIZT publié dans : VILLEPIN MINISTRE
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