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  • : Dominique de Villepin possède des qualités de coeur qui pourrait faire de lui le principal rival de Sarkozy mais aussi un président hors pair. Balayons les clivages droite-gauche et intéressons nous au personnage. La France mérite un homme à sa mesure. Do
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Jeudi 8 décembre 2005

Villepin au banc d'essai

par Christophe Barbier, Eric Mandonnet



Sobre, collégial, concret... Depuis sa nomination, le nouvel hôte de Matignon tente d'offrir un visage adapté à la crise que traverse le pays. Sa méthode, ses idées, son poids politique font-ils vraiment de lui l'homme de la situation? Premières réponses


Après avoir lu La Mort de Virgile, Albert Einstein écrivit à son auteur, Hermann Broch, que l'ouvrage l'avait éclairé sur sa vocation scientifique: «J'ai fui le je et le nous pour le il du il y a.» Rapportant l'anecdote dans Le Requin et la mouette (Plon/Albin Michel), Dominique de Villepin songeait-il que, à Matignon, il échapperait à lui-même? Car un Villepin inédit, instinctif ou fabriqué, s'est présenté aux Français: économe de ses gestes, garrottant toute grandiloquence, sourire radieux mais œil sans incendie. Scientifique et même technicien, mue accomplie, Villepin côté raison s'est affiché mercredi 8 juin, à l'Assemblée nationale, pour son discours de politique générale. «Le Narrateur monte aux remparts. Et le vent avec lui», écrivit Saint-John Perse, poète diplomate. Villepin a laissé au vestiaire son souffle légendaire et vante le pragmatisme. Changement de poète: ce fut le Francis Ponge du Parti pris des choses.

Qu'il ne se paie plus de mots est une bonne nouvelle. Que le lyrisme le cède à l'empirisme est sage. Mais la justesse d'un style ne fait pas la réussite d'une politique, et que Villepin ait abandonné sa panoplie de d'Artagnan ne l'érige pas en Richelieu. Le mécano Villepin peut-il «remettre la France en marche», comme il en a affirmé la volonté à l'Assemblée? «Il faut, avant de prendre toute décision, se poser la question: est-ce que c'est bon pour l'emploi?» lança Jacques Chirac au premier soir de sa présidence, le 7 mai 1995. Dix ans plus tard, beaucoup a été fait, tout a coûté cher, rien n'a réussi. Villepin peut-il être un Sisyphe victorieux? Est-il seulement capable, au-delà d'une première décade réussie, d'être Premier ministre? A-t-il l'autorité et la lucidité nécessaires? Peut-il agir dans une période si difficile? Le Villepin nouveau est arrivé, qui n'enivre pas. Que vaut-il?

Est-il adapté à l'époque?
Habité par le couple décadence/sursaut, fasciné par «le soleil noir de la mélancolie» qu'alluma Gérard de Nerval, Dominique de Villepin considère la gravité de la situation comme un atout. Pendant la campagne référendaire, il prenait des accents churchilliens pour prévenir des effets du non: «Il nous faudrait remonter la pente, ce serait un chemin plus long, plus dur, plus solitaire.» Une voie royale pour qui se cherche un destin. «Je me présente devant vous à un moment exceptionnel de l'Histoire», lança le Premier ministre dès sa deuxième phrase devant les députés.
De fait, jamais un nouveau chef de gouvernement ne présenta son programme dans de telles conditions. Seul Pierre Bérégovoy, en 1992, arriva après une défaite, mais que pèsent des élections locales perdues face à 54,67% de non dans un référendum? Pour Matignon, «tout est à reconstruire». Sur la politique intérieure, la construction européenne ou la mondialisation, une même expression revient: «en miettes». «Le pays pleure tout le temps et ne sait pas pourquoi, relève un ministre chiraquien. Prononcer un discours de politique générale après une défaite qui apparaît comme une dépression collective, ce n'est pas comme le faire au lendemain d'une présidentielle gagnée.»

Pierre Méhaignerie illustre ce syndrome des semailles dans les ruines: «Impossible d'aller trop loin sur le Code du travail, hors d'une élection présidentielle.» Un proche de Villepin balaie l'argument: «Les sarkozystes osent nous dire: “Attendez 2007.'' Trop facile. La France ne peut pas rester en jachère.» Malgré ses efforts pour persuader le peuple qu'une ère commence, le Premier ministre ne peut masquer que l'ambiance est à la fin de règne. Lors des trois derniers mandats présidentiels, les ultimes mois furent faussés par des cohabitations; Valéry Giscard d'Estaing, lui, termina le sien dans l'élan des législatives et des européennes gagnées en 1978 et 1979. Le décès de Georges Pompidou et la démission du général de Gaulle évitèrent au pays une trop longue déliquescence de l'exécutif. Dominique de Villepin est donc confronté à une situation inédite, où l'affaiblissement du chef de l'Etat s'enchâsse dans l'épuisement du système politique, où le discrédit présidentiel est au cœur de la crise de régime. De la gravité de la situation, il attend un ressaisissement national, alors que tous les signes indiquent la déprime ou la colère. S'il croit que l'époque va le favoriser, le Premier ministre se trompe.

Son nouveau style est-il le bon?

Achoisir la sobriété grave plutôt que l'emphase messianique, il en est sans doute conscient. Une fois, déjà, Villepin a remisé le panache parce que l'heure était grave: c'était à la tribune de l'ONU, en février 2003; ce fut, pour les Français, l'acte de naissance d'un vrai politique. Quoi de commun avec son «appel du 8 juin»? «Une même capacité à sentir le corps social dont il a la responsabilité, assure la «plume» du Premier ministre, Bruno Le Maire. Hier, c'était sentir instinctivement toutes les aspirations des peuples du monde face à une affirmation de la force militaire; aujourd'hui, c'est comprendre les attentes du peuple français.»

Si ce changement de style est un artifice de communication, le Villepin ébouriffé aura vite raison du sage brushing de ces derniers jours. Mais les proches du Premier ministre considèrent que son naturel est dans ce calme: c'est avant, «tel un cuirassé dans un étang», qu'il n'était pas lui-même, étouffant dans des postes trop étroits, qui bridaient son appétit d'action globale. «Matignon est à sa dimension, résume son porte-parole, Jean-François Copé. Il fonctionne très bien dans le commandement.» «Il est zen», témoigne un autre ministre.

Le style, c'est aussi le rythme. Puisqu'il y a urgence, Villepin est pressé. Le dimanche 5 juin, à 18 h 30, est convoqué le premier séminaire gouvernemental, suivi d'un dîner: tout le monde est rentré chez soi à 21 heures. Le discours de politique générale a duré 55 minutes. «Il n'y avait pas une phrase de trop», note l'un de ses collaborateurs. Le «découpage séquentiel» de la première semaine participe de cette même stratégie du tempo: «Il y eut quatre temps, explique un ministre du sérail. La constitution de l'équipe; le week-end pour la réflexion, achevé par le séminaire; la “purge'' du lundi, avec le défilé des syndicats; le cadrage politique du mardi, avec le petit déjeuner des ténors de l'UMP et la séance au groupe parlementaire.»

Entre vitesse et violence, la frontière est étroite. «J'ai besoin de vous», lance-t-il aux députés, qu'il va «violer» en procédant par ordonnances… Villepin doit encore prouver sa capacité à animer une équipe dans la durée, à faire vivre la collégialité, à écouter et surtout à entendre. Déjà, face à l'opinion, le hussard se veut chirurgien, lâche le sabre pour le bistouri. «Dans une situation aussi complexe, on ne peut pas arriver en tapant sur la table et en expliquant: “Voici ma grande vision! '' décrypte un proche. Il s'agit plutôt, fil après fil, de recoudre les blessures de la société.» Cela serait-il l'essence du villepinisme? Cet inconditionnel de l'Empire serait-il converti à l'empirisme?

Le «villepinisme» existe-t-il?

«En le voyant écouter Bernard Thibault, avec ses airs de cocker triste, expliquer les refus de la CGT, je l'ai trouvé philosophe», témoigne un ministre. Mais de quelle école? Grand manieur de phrases, Dominique de Villepin n'est pas un jongleur de concepts, et son «gaullo-bonapartisme» esthétique masque un flou, ou un vide, idéologique. Et un mystère: jusqu'où est-il libéral? Il s'est mis à suivre de plus près les dossiers économiques et sociaux quand Jean-Pierre Denis, chargé de ces secteurs, quitta l'Elysée en 1997, remplacé par Jean-François Cirelli, avec qui Villepin ne s'entendait pas bien. Il avait déjà contré une offensive libérale de Denis pendant la campagne électorale consécutive à la dissolution. «Le libéral répugne souvent à commander», glisse-t-il dans Les Cent-Jours (Perrin). «Attention, tempère Bercy, Villepin a aussi compris qu'il fallait rééquilibrer le tout-social du plan Borloo par l'assouplissement libéral du contrat de travail. Et il l'a fait.»

C'est chez Napoléon, mais le n° 3, que le villepinisme se cache peut-être. L'empereur libéral, celui des banques, fut aussi l'auteur de De l'extinction du paupérisme et le thuriféraire de l'action publique, des «grandes infrastructures». Villepin est de même, son discours le prouve, dans cette addition. Deux décisions majeures, la fin de la baisse de l'impôt sur le revenu (peu libérale) et le gel des dépenses publiques (peu étatiste), le montrent. Il est l'homme du et-et, qui érige l'Etat en acteur majeur du système, en grand régulateur du précaire équilibre social-libéral. Ainsi, plutôt que de réduire les allocations pour inciter les chômeurs à accepter un emploi - remède libéral - ou de hausser le Smic pour rendre les postes alléchants - avancée sociale - il demande à l'Etat de verser une prime de retour au travail… payée par les contribuables. «Peu importe, plaide Copé. Celui qui retrouve un emploi cotise, consomme, épargne. Nos idées ne coûtent de l'argent que si elles fonctionnent.»

Les idées de Villepin poussent aussi sur un terreau rousseauiste - une rupture avec ses prédécesseurs de droite, presque tous tocquevilliens. «Rousseau disait: "Partout en France on est libre, et partout on est dans les chaînes", explique Le Maire. Partout, en France, il y a de l'emploi et des jeunes au chômage.» Autre idée de Jean-Jacques chère à Villepin: «Chaque homme porte en lui les capacités de s'améliorer.»

Aura-t-il assez d'autorité politique?

Si Napoléon est un mentor efficient en politique, Rousseau semble moins idoine: à l'UMP, le contrat social règne moins que la loi de la jungle. Quand le groupe parlementaire se réunit à la veille du discours de politique générale, l'accueil réservé au Premier ministre est mitigé. «Le strict minimum, à la limite de la politesse», remarque un présent. «On a écouté les députés revendiquer, raconte Copé, et je regardais le Premier ministre en souriant. Je le voyais cocher des cases: tout ce qu'ils réclamaient était déjà dans son texte, mais il n'a rien dit et a joué l'écoute, modeste.» Plus de 100 députés, emmenés par Pierre Méhaignerie, se retrouvent le lendemain matin, à quelques heures du discours, et conviennent de délibérer, pendant que la gauche répondra au chef du gouvernement, afin de déterminer leur vote. En entendant Villepin, ils annulent cette réunion et votent la confiance comme un seul homme. Mais elle ne fut pas spontanée. L'autorité de Dominique de Villepin sur la droite est donc encore à construire. «Elle viendra du résultat», avance son entourage.

En attendant, Sarkozy recrute. Quand un ami faisait observer à Jacques Chirac qu'il y avait trop de ministres dans le gouvernement Raffarin, le président répondait: «Mais sinon, qu'est-ce qu'on va en faire?» La réponse est toute trouvée: des sarkozystes… Si François Fillon a été le plus explicite, lançant une idée qui fera florès à droite en cas d'échec de Villepin - le changement, ce n'est pas un nouveau Premier ministre en 2005, mais un nouveau président en 2007 - la plupart des victimes du remaniement ont reçu un coup de fil le jour même: le ministre de l'Intérieur leur fit remarquer que lui avait tout fait pour défendre ses amis et leur suggérait de l'inviter chez eux pour un déplacement. «Les déçus du gouvernement, cette fois, c'est autre chose que les “juppettes”», prévient un fidèle de Chirac. Même le président du groupe UMP à l'Assemblée, Bernard Accoyer, n'en finit pas de ruminer sa déception d'avoir été «oublié» lors de la formation du gouvernement, alors qu'il assure avoir reçu des assurances du chef de l'Etat. Le contrôle des députés UMP reste un enjeu essentiel de la bataille entre chiraquiens et sarkozystes. Le pari politique de Villepin vise, au mieux, à créer des bataillons villepinistes, en tout cas, à éviter l'hémorragie.

Il le forcera bientôt à montrer son autorité sur Sarkozy lui-même. Que, à peine nommé, celui-ci ait évoqué à haute voix son départ et répété qu'il avait accepté ce ministère pour se protéger des attaques, sans s'attirer de remontrance - d'autres furent «démissionnés» pour moins que cela - laisse perplexe. Certes, comme il l'a revendiqué le 11 juin, Nicolas Sarkozy estime avoir donné son écot à l' «unité» et attend, en retour, de pouvoir préserver sa «liberté». Mais l'atmosphère n'est pas apaisée. «Il faut mesurer son verbe», commenta un ministre chiraquien après le déplacement du ministre de l'Intérieur à Perpignan, le 3 juin. «On n'est plus en 2002, la priorité, c'est le chômage, pas l'insécurité», lança un autre à Brice Hortefeux, ministre sarkozyste.

Dominer la majorité et appliquer le plan pour l'emploi exige des comportements contraires. La première tâche réclame de la fermeté; la seconde de la souplesse. Le Villepin d'hier et celui d'aujourd'hui pourront-ils cohabiter ?
Post-scriptum
C'est dans l'après-midi du 7 juin, donc durant les dernières heures de rédaction de sa «DPG», sa déclaration de politique générale, que Dominique de Villepin a accepté de stopper la baisse de l'impôt sur le revenu.


Sources : L'EXPRESS
par Adriana EVANGELIZT publié dans : VILLEPIN ET LA POLITIQUE
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Mercredi 14 septembre 2005
Que Dominique de Villepin soit à l'ONU pour représenter la France c'est une bonne chose. Nous sommes bien représentés d'autant qu'il aura fort à faire. Il se passe en ce moment des choses très graves tant à l'ONU qu'à l'OTAN... Que ce soit Bolton d'un côté ou Rumsfeld de l'autre, ils sont en train de vouloir imposer leurs règles, leurs lois qui ne sont pas les notres et la liberté des peuples est fortement menacée. On a l'impression que tout le monde dort et ne voit rien venir. Nous nous trouvons en ce moment dans la même situation que lorsque Hitler a ruiné la crédibilité de la SDN (ancêtre de l'ONU). Il se reproduit le même schéma mais nos dirigeants semblent complètement anesthésiés. Les extrêmistes qui sont derrière Bush sont très dangereux... nous vous  conseillons de lire les articles de notre autre blog sur les USA...  et sur Bolton. Nous sommes en train de vivre nos derniers instants de paix. Les évènements vont se précipiter à une vitesse que vous ne pouvez même pas imaginer. Et personne ne nous écoute, c'est ça le pire...
 
En retrouvant l'ONU, M. de Villepin renforce son image de présidentiable
par Christophe Jakubyszyn et Corine Lesnes (à New York)

Pour la deuxième fois en dix jours, Dominique de Villepin devrait endosser, mercredi 14 et jeudi 15 septembre, le costume du président de la République, en raison de la convalescence de Jacques Chirac.

Après le conseil des ministres du 7 septembre, il représentera le chef de l'Etat aux Nations unies, à New York. M. de Villepin siégera ainsi à nouveau dans l'enceinte onusienne après sa prestation remarquée, le 14 février 2002 ­ - alors comme ministre des affaires étrangères ­ - pour s'opposer à la guerre en Irak prônée par les Etats-Unis.

L'actuel ministre des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, représentera, lui, la France sur toute la durée du sommet (du 14 au 16 septembre) et restera ensuite à New York pour l'ouverture de la 60e session des Nations unies et y prononcera un discours dimanche.

Interrogé, jeudi, sur l'éventuelle absence de M. Chirac, l'ambassadeur britannique à l'ONU, Emyr Jones Parry, s'exclamait : "Mais il vient, non ?" Jusqu'à la dernière minute, les responsables français auront assuré à leurs collègues que "rien n'était modifié" et qu'ils tablaient sur la visite d'un président qui s'est beaucoup investi dans l'effort de réforme des Nations unies et dont une idée-phare, la création d'une ONU de l'environnement, fait partie des sujets de discussion.

Selon les diplomates français, la venue de M. de Villepin ne modifiera pas substantiellement les choses. Le remplacement de M. Chirac par son premier ministre "n'est pas une aberration diplomatique" , fait valoir un collaborateur du président.

CREUSER L'ÉCART

Ce scénario n'est pas inédit. En 1992, Pierre Bérégovoy, premier ministre, avait remplacé François Mitterrand au Sommet de la Terre de Rio. "Notre message reste le même" , souligne également Axel Cruau, le porte-parole de la mission française.

L'ordre protocolaire devrait toutefois subir quelques retouches. Si M. Chirac était assis en 2003 à la table du président américain George Bush et des chefs d'Etat, lors du traditionnel déjeuner offert par le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, ce ne devrait pas être le cas pour M. de Villepin, qui n'est que chef de gouvernement.

Le contretemps subi par M. Chirac va par ailleurs offrir une image saisissante : MM. Bush et de Villepin assis ensemble, mercredi 14 septembre, à la table du Conseil de sécurité. Pour les Américains, M. de Villepin reste le symbole de l'opposition française à la guerre en Irak.

A l'initiative des Philippines, qui président l'organe pour le mois de septembre, le Conseil va tenir une réunion solennelle au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement et adopter une résolution condamnant l'incitation au terrorisme.

Jeudi matin 15 septembre, M. de Villepin devrait ensuite prononcer un discours lors du sommet consacré au "financement du développement" et à la lutte contre la pauvreté dans le monde, un dossier qui tient particulièrement au coeur du chef de l'Etat.

Le premier ministre devrait se faire le porte-parole de M. Chirac qui voulait y défendre son projet de prélèvement international de solidarité sur les billets d'avion, visant à financer la lutte contre les grandes pandémies (sida, tuberculose, paludisme). Outre la France et la Grande-Bretagne, cinq pays ­ - Allemagne, Espagne, Brésil, Chili et Algérie ­ - sont prêts à appuyer cette initiative, a affirmé le ministre de l'économie, Thierry Breton, vendredi 9 février.

A travers cette présence à l'ONU, M. de Villepin pourrait asseoir la stature présidentielle dont les Français le créditent désormais dans les sondages et qui attise sa rivalité avec le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy. Le premier ministre pourrait trouver à New York l'opportunité de creuser l'écart.

Sources : LE MONDE

 

Le «Katrina-Bolton» souffle sur l'ONU
par Richard Labévière

 

A Manhattan, dans les couloirs de l'UN Building, les diplomates l'ont baptisé le «Katrina-Bolton», un cyclone local qui s'est abattu sur le plus grand sommet de l'histoire des Nations unies qui voit l'ambitieux projet de réforme pour son 60e anniversaire se réduire comme une peau de chagrin. Précédé par une des plus mauvaises réputations, fondée notamment sur ses déclarations publiques très anti-ONU, le nouvel ambassadeur américain aux Nations unies John Bolton avait provoqué l'émoi -à la fin de ce mois d'août- en déposant quelque 750 amendements au projet de document de synthèse qui porte sur sept grandes questions: développement, terrorisme, responsabilité de protéger les peuples menacés de génocide, non-prolifération, droits de l'homme, consolidation de la paix et réforme de l'administration onusienne.

Les amendements américains font, notamment disparaître toute référence aux objectifs de développement du Millénaire (ODM), dans lesquels la communauté internationale s'était engagée à réduire d'ici à 2015 l'extrême pauvreté, les grandes pandémies et autres fléaux. Réfractaire par principe aux objectifs chiffrés et aux calendriers contraignants, Washington récuse le projet de porter l'aide publique au développement des pays riches à 0,7% de leur PNB d'ici à 2015.


Dans un contexte international marqué par la crise irakienne qui perdure et un bras de fer Pékin-Tokyo, il n'est plus question d'un élargissement du Conseil de sécurité, tous les scénarios ayant été enterrés par les désaccords entre Etats membres et l'opposition radicale des Etats-Unis et de la Chine. Et ce qui était à craindre est en passe de s'imposer, à savoir que le blocage de l'aspect le plus politique de la réforme -la modernisation du Conseil de sécurité, l'exécutif du système- est en train de contaminer l'ensemble de la réforme.

Deux dossiers sont clairement en péril: celui d'un Conseil restreint des droits de l'homme qui devait remplacer la Commission des droits de l'homme de Genève et le volet administratif de la réforme. Le chantier d'une convention globale sur le terrorisme dont l'adoption d'une définition commune de ce fléau est -lui-aussi- dans l'impasse en raison principalement des désaccords inhérents aux conflits proche-orientaux. La situation n'est pas meilleure sur le front du changement climatique et des stratégies de reconstruction à adopter après les conflits armés... autant de questions sur lesquelles la communauté internationale donne l'image de ses divisions récurrentes.

En contournant le Conseil de sécurité pour déclencher la seconde guerre d'Irak, l'hyperpuissance américaine a pris la responsabilité d'affaiblir durablement l'ONU. L'entourage de George Bush n'a jamais caché sa volonté de voir l'organisation mondiale confinée à un rôle résiduel, sinon purement humanitaire. Avec une reforme neutralisée et un sommet du Millénaire vidé de l'essentiel de son contenu, l'ONU garde pourtant, pourtant l'avantage de nous renvoyer une image réelle du monde comme un irrépréssible symptôme... Génétiquement en crise l'ONU reste, néanmoins et plus que jamais, indispensable, parce qu'elle est universelle...

Sources : RFI

Posté par Adriana Evangelizt

Voir aussi notre blog DOMINIQUE DE VILLEPIN MINISTRE ARISTOCRATE ET POETE

par Adriana EVANGELIZT publié dans : VILLEPIN ET LA POLITIQUE
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Jeudi 8 septembre 2005

La petite phrase qui nous a marqué sur l'article ci-dessous c'est que Sarkozy compulsait ses dossiers pendant que Mister de Villepin parlait. Pour sûr qu'il doit l'avoir amère Nikita. Il doit renacler sec en don for intérieur... c'est que le beau Dominique lui vole la vedette. Sarkozy doit sentir le vent venir. Car Dominique de Villepin sera bien obligé de se présenter comme candidat puisque c'est le Peuple qui va lui demander. Une partie du moins. 

Ambiance des grands jours à Matignon: le Conseil des ministres présidé par Villepin


En l'absence de Jacques Chirac, hospitalisé, Dominique de Villepin a présidé mercredi le Conseil des ministres face à son rival Nicolas Sarkozy, un symbole fort pour le Premier ministre à la veille de ses 100 jours à Matignon.

L'Elysée et Matignon ont certes tout fait pour banaliser l'événement et montrer que le président de la République gardait la main, depuis sa chambre d'hôpital, où Premier ministre et collaborateurs se sont ostensiblement rendus pour préparer le Conseil.

Mercredi matin, Jacques Chirac s'est entretenu, comme chaque semaine avant le Conseil, avec le chef du gouvernement.

Ce Conseil n'en était pas moins exceptionnel. Pendant une heure, le Premier ministre, désormais entré dans le cercle des présidentiables de la droite pour 2007, a suppléé le chef de l'Etat.

Conformément à l'ordre protocolaire, le ministre de l'Intérieur, numéro deux du gouvernement, était assis face à lui, dans la "Salle du Conseil" sise au rez-de-chaussée de l'Hôtel Matignon où se tenait le Conseil - qui a lieu d'ordinaire à l'Elysée.

L'exercice a duré une heure à peine, l'ordre du jour n'étant guère chargé. Il n'en a pas moins donné lieu à un échange entre MM. de Villepin et Sarkozy qui a aussitôt fait le bonheur des commentateurs, à l'affût de la moindre passe d'armes entre les deux hommes forts du gouvernement.

Selon le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé, M. Sarkozy a "évoqué la question de la Turquie" à l'issue de la traditionnelle communication sur la situation internationale, un sujet sur lequel il est en désaccord frontal avec Jacques Chirac.

De fait, l'ombre du président semble avoir plané de bout en bout sur ce Conseil. "Le Premier ministre a rappelé la position de la France telle qu'exprimée par le président", a détaillé M. Copé.

Selon un participant, cet échange s'est inscrit toutefois dans le cours "normal" d'un Conseil et n'avait rien "d'exceptionnel". Plus généralement, ce Conseil a été "très soft" même s'il n'avait "rien à voir" avec une réunion de ministres à Matignon, a raconté ce ministre.

"Dominique de Villepin était complètement à l'aise. Il est resté dans son rôle, a parlé sans emphase. Au début, il a expliqué sur un ton très formel qu'il était là en vertu de l'article 21. Il a dit que le président allait bien. Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy lisait ses dossiers", a-t-on relaté de même source.

A la sortie du Conseil, les ministres se sont gardés de tout commentaire. "Cela s'est très bien passé", a tout au plus lâché l'un ou l'autre devant les journalistes qui se pressaient dans la cour de Matignon.

Selon M. Copé, "l'ambiance, comme à l'habitude, était très studieuse et concentrée sur les sujets à l'ordre du jour".

Pour Dominique de Villepin, le cap des 100 jours s'annonce en tout cas plus serein. La semaine dernière encore, il paraissait pris au piège d'un pari, "rendre la confiance" aux Français au terme de cette période. Il avait alors préféré mettre l'accent sur une "nouvelle étape" de son action, en déroulant un plan en faveur de la "croissance sociale".

Depuis, il a en partie volé la vedette à Nicolas Sarkozy devant les jeunes de l'UMP à La Baule. Et les sondages recommencent à lui sourire. Son bilan, après 100 jours, est jugé positif par 56% des Français, selon un sondage Ifop à paraître jeudi dans Paris Match.

Le président de l'UMP, qui entend bien marcher "devant" et non "derrière" le gouvernement, n'a pas pour autant l'intention de ralentir la cadence. Mercredi après-midi, il présentait les grandes lignes de son programme économique pour 2007.

Sources : LE FIGARO

Posté par Adriana Evangelizt

 
par Adriana EVANGELIZT publié dans : VILLEPIN ET LA POLITIQUE
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Jeudi 8 septembre 2005

CE QUE LES DEPUTES ATTENDENT DU PREMIER MINISTRE

«La flambée du pétrole est la marée noire des cent jours» de Dominique de Villepin, estime Emmanuel Hamelin. Tous les députés UMP ne partagent pas le pessimisme de leur collègue du Rhône, mais ils sont nombreux à souhaiter que le premier ministre «fasse des propositions concrètes pour redonner le moral aux Français». «Il y a une angoisse de fond liée à l'emploi et aux risques de délocalisations», constate Nathalie Kosciusko-Morizet, qui attend de Villepin qu'il trace des «perspectives d'avenir» sur les emplois de demain. «Les sondages donnent un satisfecit à Villepin, mais les Français sont en attente de résultats en matière de croissance et de pouvoir d'achat», insiste Axel Poniatowski.


Déplorant «la sinistrose entretenue» autour de la question du pouvoir d'achat, Hervé Mariton invite le chef du gouvernement à «poursuivre la mobilisation sur l'emploi, qui est la priorité des priorités». Pour le sarkozyste Yves Jego, le «ton» du premier ministre sera «important» car l'économie est d'abord affaire de «confiance».


Se félicitant de la baisse du chômage, passé sous la barre symbolique des 10%, Alain Joyandet juge également que «la politique, c'est aussi du volontarisme»», et il réclame «une accélération dans la mise en place des emplois aidés», en particulier dans les collectivités locales. «Villepiniste» affiché, Georges Tron estime qu'il faut «mieux expliquer» le contrat nouvelles embauches annoncé en juillet aux Français. C'est aussi l'opinion de François-Michel Gonnot, qui estime que ce contrat «ne va pas accroître la précarité des salariés, mais ouvrir de nouvelles perspectives d'emploi dans les PME». «Encore faut-il en convaincre les intéressés», explique le député de l'Oise.


Porte-parole de l'UMP, Valérie Pécresse appelle de ses voeux «un plan pour la croissance, aussi clair que le plan d'urgence pour l'emploi, susceptible d'aider la France à redevenir compétitive». Pour atteindre cet objectif, beaucoup attendent «la» grande réforme fiscale que devrait annoncer le premier ministre. Président de la commission des affaires sociales de l'Assemblée, le chiraquien Jean-Michel Dubernard espère que Villepin va faire «une nouvelle analyse de la fiscalité, qui est à la fois injuste et mal coordonnée». «On ne peut faire une réforme fiscale que si elle est globale», ajoute Dominique Paillé.


Le président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée, Patrick Ollier, continue à vouloir «mettre la pression sur le gouvernement» pour un nouvel allègement de l'ISF sur l'immobilier et l'outil de travail, comme il l'expliquait hier dans Le Parisien. Mais rares sont ceux qui, à l'instar du souverainiste Jacques Myard ou du libéral Jean-Michel Fourgous, réclament «la suppression de l'ISF», qui n'est envisagée ni à l'Elysée ni à Matignon.


Parmi d'autres attentes des députés UMP : un programme d'investissements massifs dans les transports, demandé par Nicolas Dupont-Aignan, ou encore la TVA à 5,5% dans l'hôtellerie et la restauration, une mesure «très attendue», selon Christian Philip, qui n'ignore pas que Jacques Chirac s'est heurté au veto de Bruxelles en la matière.

Sources : LE FIGARO

Posté par Adriana Evangelizt

 
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